Le blog d'Andre Rossinot

Ma bio  30/11/2006



La « bio »…, indispensable dans un blog ! Mais je n'ai pas la moindre envie de faire le CV « officiel » que l'on peut facilement trouver ailleurs lorsque l'on a -je ne vais pas le nier- une carrière déjà longue !
En discutant ces jours-ci dans un café de la Place Stanislas avec quelques étudiants, l'un d'entre eux, Guillaume, m'a dit, comme une évidence : « De toute façon, vous qui êtes énarque.. ». « Mais je ne suis pas énarque, je suis médecin » lui ai-je répondu étonné.
Les copains de Guillaume, comme lui, imaginaient que derrière un maire, un homme politique, il y a forcément un énarque qui se cache ! Pour eux, pour d'autres, plutôt que la traditionnelle « bio », j'ai donc choisi de raconter ici de façon plus intime que d'habitude, quelques uns de mes souvenirs d'enfance et de formation. Mes racines. Les amateurs de dates les trouveront plus loin sous la rubrique « Repères »



L'enfance dans le Pays-Haut

Je suis né à Briey le 22 mai 1939. C'est la guerre et je ne connaîtrai mon père que fin 1943 lorsqu'il rentre de captivité gravement malade. J'ai 5 ans quand il redevient l'instituteur du village où nous habitons, Friauville, et par la même occasion… le mien pendant tout le primaire. Je l'appelle Monsieur en classe, il faut dire qu'il est intimidant ce « hussard de la République » en blouse grise qui dans les années 30, celles de l'essor des mines dans le Pays-Haut, avait dans sa classe 70 élèves de 14 nationalités différentes !

L'un de mes autres grands souvenirs de ces années-là, c'est à ma mère que je le dois. Les femmes venaient d'obtenir le droit de vote grâce au Général de Gaulle et elle avait été élue conseillère municipale. Une révolution pour l'époque. Un formidable défi qu'elle relevait avec sourire et ténacité. Elle m'emmenait avec elle à tous les conseils municipaux, j'écoutais, j'adorais ça ! Faut-il y voir un signe, la naissance d'une passion ? Qui sait, après tout ...


Les années « Poinca »

Le concours d'entrée en 6° passé, mon père m'inscrit à Nancy, au lycée Poincaré. J'y serai interne jusqu'au bac. Les transports sont rares, je ne rentre à la maison qu'une fois par trimestre. Ah les dortoirs de 120 lits de « Poinca »et le dimanche, la promenade obligatoire (et encadrée) au Haut-du-Lièvre qui n'est alors qu'un vaste plateau herbeux allant jusqu'aux carrières de calcaire !
Mais je me sens bien dans Nancy et j'aime (déjà) marcher dans la ville. Mes copains s'appellent Jean-Jacques Eisenbach, Jean-Pierre Lehmann ou.. Jack Lang ! Je fais partie du petit orchestre que dirige le professeur Stoltz, et c'est toujours un grand moment quand la chorale (féminine) du lycée Jeanne d'Arc vient nous voir…


Médecine ..et syndicalisme

Mes débuts à l'université sont quelque peu mouvementés ! J'ai choisi de faire médecine parce que poser le bon diagnostic, être à l'écoute du patient, soigner me passionne.

Délégué d'amphi en PCB (physique chimie biologie), je découvre en première année le syndicalisme étudiant et me retrouve secrétaire général de la fédération nationale des étudiants en médecine.
L'année suivante, c'est la corpo de médecine de Nancy, je lance une formule de polycopiés pour les étudiants qui travaillent et des photocopies de livres pour que les études leur reviennent moins cher (au grand dam des libraires !). Résultat : je passe plus de temps à l'AG de la rue Gustave Simon (quartier général des étudiants d'alors) que sur les bancs de la fac et je redouble !

En 3° année, je décide de me spécialiser en ORL. Après une thèse sur « les tumeurs papillaires naso-sinusiennes » dirigée par le professeur Wayoff, j'ouvre en 1971 mon cabinet, près du viaduc Kennedy.

J'arrêterai la médecine en devenant maire parce que la responsabilité d'opérer est pour moi incompatible avec une autre fonction prenante mais combien de fois m'arrive-t-il encore avec plaisir et même émotion de rencontrer d'anciens patients à qui j'ai enlevé les amygdales ou recollé les oreilles !


Mon engagement pour Nancy

Ce n'est pas la politique qui est à la base de ma passion de tous les jours, de tous les instants pour Nancy.

C'est sur le terrain de la vie quotidienne, au sein des associations, que j'ai commencé à m'impliquer à partir de 1963 d'abord comme membre d'une amicale de locataires au Haut-du-Lièvre où j'habite alors mais aussi comme administrateur de MJC, d'un centre social.

C'est cet engagement qui me conduira à être conseiller municipal délégué à la jeunesse puis adjoint aux affaires sociales. Jusqu'à ce jour de 1983, l'un des plus forts de ma vie, où l'équipe que je conduisais a été élue à la mairie avec un slogan de campagne encore aujourd'hui plus que jamais d'actualité : Nancy, nous avons raison d'y croire !

Nancy dont adversaires comme amis disent que je l'ai « chevillée au corps », ne peut, ne pourra évidemment qu'être au cœur de ce blog.


Les valeurs radicales

La politique nationale ? C'est Jean-Jacques Servan Schreiber, hélas récemment disparu qui m'y a amené. En 1970, lorsqu'il vient faire campagne à Nancy pour les législatives, je le ramène de l'aéroport avec ma 4L alors que commence une longue amitié.
On l'appelait le Kennedy français. Il présidait le parti radical, c'était un grand réformateur, un homme en avance sur son temps, brillant, extrêmement intelligent. Il a été pour moi une référence déterminante.

En 1974, je suis entré au parti radical et ne l'ai plus quitté.
C'est le parti qui correspond profondément à mes valeurs républicaines, à mes convictions laïques, sociales, européennes et humanistes.


Repères

- depuis 1983 : maire de Nancy
- 1978 à 1997 : député de Meurthe et Moselle
- 1986-88 : ministre des relations avec le Parlement
- 1993-95 : ministre de la Fonction publique
- Copréside le parti radical avec Jean-Louis Borloo (formation associée à l'UMP)



Rédigé par André Rossinot





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